Tyr

Auteur : Charles Berthelot
Année de publication : 1008

Il y eut Equinéa qui marcha sur les terres, l’homme rat, puis Linaphaar l’étrange symbole pyramidal du commerce. Au dela de toutes ces figures aussi étranges que leur histoire, il y eut un homme. Un simplet. Grand, fort, un fier guerrier. Un qui n’avait peur de rien. Celui qui s’illustre dans l’histoire comme n’ayant point froid aux yeux.

Né de parents très pauvres, dont la mère mourrut peu de temps après l’accouchement, il fut confronté à la sombre réalité du combat pour survivre. Chétif et maigrichon, il était la risée de ses semblables en plus d’être méprisé par son père. Il dut combattre, durant son enfance et sa jeunesse, afin de survivre. Avec le temps, sa silhouette changea. Il grandit tout d’un coup, ses muscles devenant denses et imposants. Tellement que, en quelques années, il fut vu tel un géant parmi les siens. Effrayés par moments, l’on n’osait l’approcher. Il ralliait les hommes avec lui pour les chasses, ramenant d’énormes quantités de viandes, et de ses conquêtes il était toujours vainqueur.

Nombreux furent les villages qui se rallièrent sous sa bannière par crainte de le voir arriver, chevauchant son cheval noir à la crinière grise telle la cendre, ses yeux rouges brillant comme les flammes. On lui donna plusieurs femmes qui lui offrirent toutes des fils. On l’acclamait tel un dieu, lui offrant nourriture, peaux, armes, armures, bijoux. Ses richesses étaient grandes mais il ne prisait aucune d’entre elles. Il conquit tout le nord de Trimala, ainsi ralliant toutes les tribus sous sa bannière : celle du loup gris.

Un jour, il fut provoqué en duel par une femme de réputation aussi redoutable que lui dans les terres du sud. Celle ci combattait avec une lance bien particulière que l’on nommait Gae Bulg, si redoutable qu’elle arrachait les trippes d’un ennemi lorsqu’on la retirait du corps. Persuadée qu’elle vaincrait Tyr, ils décidèrent de combattre sur une montagne. Pendant un jour et une nuit, ils ne cessèrent d’échanger des coups, jusqu’à ce que tous deux soient au point de s’évanouir. Tyr, incapable de vaincre la femme, lui demanda de lui enseigner ses talents aux armes. Pendant un an et un jour, il devrait lui porter allégeance et vivre avec elle dans le sud, ainsi elle lui apprendrait tout ce qu’elle savait. Relayant le contrôle de son empire à son plus fidèle général, il partit. Son apprentissage se fit sans accroc, et la femme pu lui apprendre toutes les techniques d’armes du monde de Trimala. Le dernier jour, sellant son cheval avant le départ, elle lui remit l’arme si redoutable, la lance qu’elle avait utilisé le jour du duel fétiche entre les deux. Elle lui promit de faire écho de ses prouesses, et de perpétrer sa gloire s’il réussissait à conquérir et unifier tout le nord de Trimala.

De retour chez les siens, les conflits de territoire ayant repris, il dut repartir rapidement en guerre. Vêtu de peaux de loup et de cerfs, armé de Gae Bulg, chevauchant a pleine vitesse avec sa horde de guerriers, les dissidents effrayés décidèrent de fuir vers le sud, préférant la paix à la mort. Ceux ci fondèrent Britain, le royaume ennemi du nord. Tyr décéda, bien au delà des années normalement accordées a un humain. Il fut vénéré par les siens et encore son nom retentit aujourd’hui comme le maitre de la guerre et la conquête. L’on dit qu’à sa mort, son âme se sépara de son corps, prenant l’aspect des flammes et s’envola vers les cieux sur sa monture qui fut incinérée en même temps que son corps mortel.

Les fils de Tyr, chacun aussi redoutable que leur père, annexèrent les campagnes, créant un véritable empire. Minoc était créé, la cité pris naissance avec l’exode des campagnes et évolua tranquillement par le commerce avec les autres nations. La menace de guerre n’étant plus d’actualité, les gens du sud sont toujours effrayés par la descendance de Tyr.

Les valeurs de Tyr sont très importantes au sein de la religion. Les shamans, prêtres de Tyr, posent leur bénédiction sur les guerriers qui partent au combat. Ils sont aussi ceux qui mettent leur pied a terre lorsqu’un conflit armé doit être soldé. Le général conquérant en charge de la cité est un des descendant de Tyr, et n’acceptera jamais d’être dirigé par un shaman. D’immenses tensions proviennent de ce fait, les shaman n’acceptant souvent pas les décisions du Général.

Les divinités vénérées dans les terres du nord sont Ormint et Tyr. Pour la fertilité et la fécondité, les femmes dressent des statues de Tyr, symbole de virilité, espérant que leur mari soit a la hauteur de leur donner un fils comme Tyr le fit avec chacune des ses concubines.

Les serviteurs de Tyr suivent le code de la guerre. Tyr est un homme juste et loyal à ses convictions : que tout le monde ont chances égales dans un combat, seulement par leur manque de talent seront ils vaincus.

Un serviteur de Tyr :

– Ne mentira jamais.
– Ne frappera jamais un adversaire dans le dos.
– Ne tuera pas ses supérieurs pour s’avancer hiérarchiquement.
– Ne blessera ni tuera point les innocents (femmes, enfants) pour se faire valoir.
– N’aidera pas les faibles et les vaincus.
– Suivra la loi.
– N’aidera pas les criminels ou ceux qui tentent d’aider les faibles ou les vaincus.
– Chaque adversaire a droit a des chances égales, s’il est désarmé il pourra reprendre son arme, s’il est a genou il pourra se relever.
– S’il demande d’être épargné, il sera achevé.
– Permettra à l’ennemi de reprendre la dépouille de ses guerriers afin de leur accorder un repos adéquat.Les serviteurs de Tyr sont loyaux. Ce qui signifie qu’ils n’iront pas a l’encontre de leur valeurs car ils possèdent une morale. Tuer sans justification, assassiner, empoisonner, la magie sont considéré comme des actes immoraux et faibles. Un servant de Tyr préfèrera un combat sans pouvoirs, de pure force et talents contre son adversaire. La tricherie est condamnée par la mort, et parfois même, selon la gravité de l’acte, peut mener jusqu’à l’extermination de sa lignée. Mentir est un crime, car seuls les faibles mentent et ne peuvent assumer leur propos. Choisir ses combats est aussi chose courante, gagner contre un adversaire supérieur a soi est un exploit mais le combat sera sans pitié, donc la victoire ou la mort.