Ormint

Auteur : Charles Berthelot
Année de publication : 1011

Gambadant dans ce monde qui était si vide et si terne, Ormint commença à faire naitre sous ses pas de l’herbe verte. Puis des arbres poussèrent : secouant ses bois, de l’eau en tomba. Ainsi les rivières furent. Il ne s’agissait pas la d’un simple cerf. Lorsque les premiers hommes se mirent à peupler le monde, ils furent submergés par la grandeur et la puissance d’Ormint. Même Équinéa n’irradiait pas autant de pureté et de fraicheur. Certains hommes furent attirés vers lui. Prenant l’aspect d’un cerf mesurant près de 3 mètres de haut, complètement blanc et gris, des symboles dans son pelage. Équinéa instruisit les premiers hommes en l’agriculture, la chasse et la pêche, sous la supervision de son frère. Prudent malgré tout, elle leur montra à se suffire, et ne jamais en exiger trop de cette nature.

Les hommes bâtirent des cabanes, puis des maisons. De bois, ensuite de pierre, brut, et plus tard finement ciselé, l’évolution faisait son chemin. Aussi étrange que cela pouvait paraitre, le cerf n’approchait jamais les hommes. On le voyait au loin, entre deux branches, parfois du coin de l’oeil mais jamais il ne s’aventurait près des hommes.

Certains hommes décidèrent de lui vouer un culte. Étudiant la nature sous toutes ses formes, maitrisant ses fondements les plus basiques, ils comprirent ce dont il s’agissait. Comme un casse-tête, la nature était elle aussi constituée de magie mais beaucoup moins simple que la magie des hommes. Ainsi donc, ils leur faudraient des mois voir des années à maitriser celle-ci et furent les premiers druides.

Concentrés à l’étude, beaucoup d’entre eux ne voyant pas le temps passer, décédaient de vieillesse. Un peu désolé par ce fait, Ormint décida de créer une race de sa propre initiative. Ces êtres seraient capable de vivre plusieurs centaines d’années. Ces êtres pourraient aussi maitriser plus facilement les fondements de la nature, car ils seraient nés de celle-ci. Ainsi vinrent au monde les elfes. Lorsqu’ils furent créés, avec leurs oreilles pointues, leur corps élancés et leurs yeux en amande, ils ressemblaient davantage à un cerf qu’à un homme! Les premiers enfants d’Ormint se joignirent aux humains.. Ce qui ne fit pas l’unanimité. Plusieurs furent apeurés par leur silhouettes différentes, d’autres les méprisèrent. Bien que Équinéa leur montrait la tolérance, l’homme ne pouvait pas s’empêcher de se comparer à l’elfe. L’elfe était plus rapide et plus connaissant en la nature que l’homme. Ainsi donc se scindèrent les relations entre les hommes et les elfes, qui partirent en direction du nord, et fondèrent les terres druidiques qui sont aujourd’hui près de Yew.

Ormint continua de veiller de loin sur les siens qui, après plusieurs centaines d’années, réussirent à maitriser les principes de la nature et d’en vivre. Le druidisme était né. Les elfes détenaient le pouvoir de créer la vie en jonglant avec les courant telluriques.

 

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