Equinea

Auteur : Charles Berthelot
Année de publication : 1010

Symbole de beauté, féminité, fécondité, lumière, bonté, générosité. Les premiers hommes vinrent d’elle. De sa chair, elle les créa. Mais, elle en convint qu’ils ne pourraient pas être seuls. Elle créa donc la femme par la puissance que lui avait donné Maat. Bien qu’étant issus des dieux, ces hommes étaient imparfaits. Après en avoir créé quelques uns, elle se retrouva sans une goutte d’essence. Ces hommes et ces femmes devraient par la suite trouver le moyen de se reproduire, et de restituer leur patrimoine pour la continuité de leur race. Équinéa leur donna le droit de se reproduire, s’inspirant des créatures de son frère, Ormint, qui avait déjà confié le pouvoir aux animaux de peupler les terres.

Ainsi elle enseigna la tempérance aux hommes, le partage, l’art d’être chevaleresque et tout ce qui faisait jaillir en eux le positif. Les hommes respectèrent ses vertus jusqu’au jour ou ils découvrirent leur nature véritable. Tels les animaux, ils développèrent un instinct. Cet instinct faisait naitre en eux des valeurs inconnues à Équinéa. L’agressivité, le désir de survivre, même parmi les siens, elle du atténuer la colère de plusieurs et éviter des conflits. Plusieurs années plus tard, elle se trouva épuisée. Ses pouvoirs n’étaient toujours pas revenus et elle peinait à aider les siens. Désignant cinq hommes et cinq femmes qui devinrent respectivement ses prêtres et ses chevaliers, elle leur demanda de bien vouloir continuer de répandre sa parole en les terres et de permettre aux générations futures de connaitre ce qu’elle était. Attristés mais déterminés, ils acceptèrent. Elle partit, à sa grande tristesse, laissant les hommes a leur sort. L’un des chevaliers fut nommé pour être en charge et mis en place des règles et des conventions de loi. Ce fut le premier code de vie, instauré dans un village. Ceux n’étant pas en accord avec le code avaient le choix de s’y conformer ou partir. Plusieurs personnes décidèrent de quitter vers le nord, fondant leur propres villages.

Équinéa s’endormit pendant plusieurs années. Lors de son réveil, elle fut étonnée de voir tout ce qui avait été accompli par ses enfants. Lorsqu’elle marcha dans la ville nommée Britain, elle prit le temps de regarder tout ce qui avait été érigé, d’étudier chaque homme et femme y vivant. Parmi les hommes, la déesse marcha jusqu’à ce qui semblait être un énorme temple aux clochers pointus. Lorsqu’elle entra, elle constata qu’une messe était en cours. Elle prit place dans un banc a l’arrière et écouta les chants et les prières. Pendant un moment de recueillement, elle se leva et s’avança vers l’autel sculpté en son honneur. Les gens tournèrent les yeux vers elle, la prêtresse la regarda s’avancer. Ses cheveux devinrent brillants, ses yeux bleu comme le ciel presque transparents, une vague de bien être envahi les croyants. Touchant l’autel qui s’illumina, elle prit la parole

– Mes enfants.. je suis de retour, et heureuse de voir que vous avez toujours foi en moi. Je ne vous oublierai jamais..

Son corps devint étrangement brillant et elle se dissipa dans l’air, aspirée par la lumière projetée par les vitraux. Ce jour fut marqué comme l’éveil de la déesse, et a chaque année le même jour, une grande fête a lieu en son honneur. On dit que son essence réside dans les clochers du temple. Lorsque le soleil se lève, ils deviennent brillants autant que l’astre lui même, illuminant toute la cité de sa bienveillance.

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